Dharavi, un bidonville hors du commun

Dharavi, un bidonville hors du commun

Parmi cette multitude de bidonvilles, celui de Dharavi est réputé pour être l’un des plus grands d’Asie mais c’est surtout l’un des plus anciens. Les habitants originels de Dharavi étaient les Koli, une communauté de pêcheurs dont la présence est attestée depuis plusieurs siècles dans la crique de Mahim, le long de la rivière Mithi située à la limite nord de Dharavi. A l’époque, la zone où s’étend désormais le bidonville était marécageuse : ce sont les migrants, pauvres et exclus des quartiers plus riches du sud de Bombay, qui, de décennies en décennies, ont accéléré l’assèchement de la rivière en l’emplissant de déchets organiques et autres matériaux pour en faire un terrain habitable et constructible.

Aujourd’hui, Dharavi occupe une superficie de plus de 200 hectares. La population officielle est d’environ 600.000 personnes (recensement 2001) mais les estimations faites par des organisations ou chercheurs travaillant sur Dharavi l’évaluent à au moins un million d’individus, soit près de 100.000 familles, avec une densité de population moyenne de 17.000 habitants par km² et une latrine pour 1.440 personnes.

Dharavi se distingue aussi par la forte activité économique informelle qui s’y déploie, dans la petite industrie et l’artisanat. Contrairement aux autres bidonvilles de Bombay dont la grande majorité des habitants travaille en dehors de leur lieu de résidence, 80 % des résidents de Dharavi y exercent leur activité professionnelle. En ce sens Dharavi est aussi une zone industrielle à part entière dont le chiffre d’affaire est évalué à 400 millions d’Euros. Une étude de l’association SPARC (Society for the Promotion of Area Resource Centres) estime que Dharavi compte 4.902 unités industrielles dont 1.036 dans le textile, 932 dans la poterie, 567 dans l’industrie du cuir, 722 dans le recyclage et la ferraille, 498 dans la broderie et 152 dans l’alimentation. On y trouve en outre 111 restaurants et plusieurs milliers de boutiques.

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